Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/491

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ne pouvait pas douter de ce que lui avait déjà dit ce général, dont il connaissait assez le courage pour ne pas admettre qu’il se fût alarmé sans raison. L’avis qu’il vint lui donner de la marche de Christophe, ajoutait au contraire à cette qualité militaire que possédait Bazelais, parce que ce fut de sa part un acte de dévouement patriotique bien rare dans les crises civiles.

L’approche de Christophe en ennemi contre le Port-au-Prince obligea les sénateurs élus à constituer le Sénat dans la journée du 31 décembre. Ce corps procéda à son organisation en élisant César Thélémaque, président, Depas Médina et Daguilh, secrétaires. Ses membres prêtèrent le serment « d’être fidèles à la constitution, et de la maintenir et de faire exécuter de tout leur pouvoir les lois de la République, au péril de leur vie. »

Le Sénat se déclara en permanence ; il écrivit à l’assemblée législative pour l’aviser de son organisation et qu’elle eût à se dissoudre, au terme de la constitution[1].

Il donna le même avis au général Pétion, en l’invitant à lui communiquer les dispositions militaires qu’il faisait dans l’attente de l’ennemi. À l’instant où le Sénat prenait cette résolution, il reçut de ce général une lettre par laquelle ce dernier venait au devant de ses vœux, en l’informant de l’arrivée de Christophe au bourg de l’Arcahaie et des mesures qu’il avait prises dans le but de s’opposer à son agression.

Pétion ayant déféré le commandement de sa division militaire au général Magloire Àmbroise, pour marcher

  1. Le procès-verbal de cette séance est signé de Gérin, de Th. Trichet et de Daumec : com ; ne ils étaient tous trois absens du Port-au-Prince, le 31 décembre, on doit considérer leurs signatures comme une adhésion donnée aux mesures prises par les autres sénateurs.