Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/500

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Arrêtons-nous là un instant, car nous entendons chuchoter. « Mais, se dit-on, Pétion fut donc le premier qui commença la guerre civile, par son coup de pistolet ? »

À ceux qui tiennent ce langage, nous répondons : « Qu’avait-il de mieux à faire en ce moment ? La guerre civile venait audacieusement se présenter en face de lui ; il l’aborda avec sa mâle résolution ! Avait-il été irrésolu à Léogane, quand il fallut qu’il se joignît à Rigaud ? Avait-il été irrésolu au Haut-du-Cap, quand il était nécessaire de commencer la guerre de l’indépendance ? Avait-il été irrésolu, quand il dut se joindre à Gérin pour abattre Dessalines ? Le 1er janvier 1807, il t fit encore ce que la Liberté attendait de lui ! »


Reprenons notre récit.

Au feu de la 11e, la 4e, se remettant d’abord, avait répondu assez bien ; mais elle dut céder sous cette grêle de balles qui continua à tomber sur elle. En ce moment, Christophe, qui se tenait sur le pont du Boucan-Brou, ordonna au brave colonel Guerrier de l’appuyer avec la 7e qu’il commandait ; et la 11e, à son tour, finit par sentir la supériorité des deux corps qui lui étaient opposés.

Apercevant cela, Pétion fit donner la 3e dont le vaillant colonel s’impatientait de n’avoir encore brûlé au-

    entendu ces paroles injurieuses, sans prononcer autre chose que l’ordre de commencer le feu. J’admets encore moins ce qui suit :

    « Ces paroles commençaient à ébranler les soldats de la 11e… Pétion ordonna de commencer le feu. Mais la 11e hésitait à tirer, ne sachant où était la patrie ; cependant, subissant l’ascendant de Métellus, son colonel, etc. »

    La 11e hésitait ! À ses yeux, la patrie était du côté de Pétion : le brave Métellus et ses officiers lui en traçaient si bien l’exemple ! M. Madiou n’a pu connaître le dévouement de ces vaillans soldats pour Pétion. J’en appelle à ceux qui, comme moi, ont été à même de le savoir au Port-au-Prince.