Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 7.djvu/431

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opérer une division funeste dans sa patrie, où on le revit avec tant de plaisir, au lieu d’y aider le chef qui l’avait accueilli, ou de se borner à la condition d’une vie privée, où il aurait reçu encore les témoignages de la vénération de ses concitoyens jusqu’à la fin de ses jours. Tout en lui faisait prévoir que ce dernier moment ne tarderait pas à arriver : les esprits restèrent inquiets sur le dénouement.

En apprenant l’événement survenu aux Cayes, Pétion se décida à faire une apparition sur les limites du Sud et de l’Ouest. Le 8 juillet, il adressa un message au sénat où il lui dit « qu’il allait visiter les arrondissemens de l’Ouest, et que si, rendu au Petit-Goave, le peuple du Sud lui témoignait le désir de le voir dans ce département, il en aviserait ce corps en prenant toutes les mesures convenables pour la prospérité du pays et pour épargner le sang haïtien. »

Il est évident qu’il espérait que la tentative, même infructueuse de la 17e, eût pu déterminer quelque autre manifestation dans les troupes du Sud, le sachant à la tête d’une armée pour les soutenir. Il se porta jusqu’à l’habitation Berquin ; mais en apprenant que les généraux Borgella et B. Leblanc s’avançaient vers le Pont-de-Miragoane avec des troupes disposées à combattre, il se retira sur l’habitation Olivier. De là, il passa par les montagnes, se rendit à Baynet, puis à Jacmel, et retourna ensuite au Port-au-Prince.

Depuis plusieurs mois, le général Marion avait cessé de commander l’arrondissement de Jacmel, où il fut remplacé par le colonel Hilaire Martin, ancien chef de bataillon de la 16e demi-brigade et natif du Port-au-Prince : ce dernier, lors de la défection de ce corps en faveur de