Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/289

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En effet, le message du Sénat débuta par dire à Boyer : que si ce corps ne considérait que les éminens services qu’il avait déjà rendus à la République, il se bornerait à cette simple réponse : « Citoyen Président, vos principes civils et politiques ne laissent rien à désirer ; ayant constamment bien mérité de la patrie, agissez selon que votre sagesse vous le dictera ; et quoi qu’il puisse en arriver, soyez assuré de l’approbation générale, parce qu’il n’est aucun Haïtien qui ne soit pénétré que toutes vos actions auront pour base votre propre dignité et l’honneur national. » Arrivaient ensuite les mais, les si, dans lesquels le Sénat enveloppa ses pensées. Tantôt, selon ce corps, il fallait rompre tous rapports commerciaux avec la France ; tantôt il fallait publier les doçumens relatifs aux diverses négociations qui avaient été suivies depuis celle de 1816, tout en persistant dans l’exposé de dispositions pacifiques et suspendant en fait, toutes mesures vigoureuses, et faisant toujours respecter la personne et les propriétés des Français présens sur le territoire haïtien. Enfin, après avoir rappelé au Président d’Haïti, que l’art. 155 de la constitution lui réservait le droit de faire tous traités de paix, de déclarer la guerre aux puissances étrangères, moyennant la sanction de tels actes par le Sénat, ce corps finit par lui dire : que le Président étant plus en mesure de bien connaître la situation du pays, « il l’invitait à considérer comme non-avenu, tout ce que contenait son message actuel, parce qu’il se reposait avec confiance sur sa prudence. »

Dix-huit sénateurs signèrent ce message, sur 24 dont le Sénat se composait ; c’étaient : MM. N. Viallet, président ; Pitre, secrétaire, Latortue, Bayard, Gaulard, Rigolet, Hilaire, Filliatre, Daguille, Hogu, Degand, Dupuche, Larose, Gayot, J. Thézan, Caneaux, Birot et Lerebours. On ne doit