Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/126

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KLÉÔN.

Et comment, Dèmos, peut-il y avoir un citoyen qui t’aime plus que moi ? D’abord, tant que je t’ai conseillé, j’ai accru ta richesse publique, tordant ceux-ci, étranglant ceux-là, sollicitant les autres, n’ayant souci d’aucun des particuliers, si je te faisais plaisir.


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Il n’y a là, Dèmos, rien de merveilleux ; et moi aussi j’en ferai autant. Volant pour toi le pain des autres, je te le servirai. Mais comment il n’a pour toi ni affection ni bienveillance, je te le prouverai tout d’abord : il ne songe qu’à se chauffer avec ta braise. Car toi, qui as tiré l’épée contre les Mèdes pour sauver le pays à Marathôn, et qui, vainqueur, nous as fourni la matière de grands effets de langue, il n’a nul souci de toi, durement assis sur les pierres, tandis que je t’apporte ce tapis fait par moi. Lève-toi, assois-toi sur ce siège moelleux, afin de ne pas user ce qui t’a servi à Salamis.


DÈMOS.

Homme, qui es-tu ? Ne serais-tu pas quelque descendant de Harmodios ? Ce que tu fais là est vraiment généreux et populaire.


KLÉÔN.

Ce sont là de bien petites attentions pour montrer son dévouement.


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Et toi, tu l’as pris avec des appâts bien plus minces.