Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/140

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LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

« Comprends, enfant d’Érekhtheus, que ce chien Kerbéros est un asservisseur d’hommes : te caressant de la queue, quand tu dînes, il guette tes plats pour les dévorer, pour peu que tu détournes la tête ; pénétrant furtivement dans la cuisine, durant la nuit, en vrai chien, il léchera les plats et les îles. »


DÈMOS.

Par Poséidôn ! ceci est bien meilleur, ô Glanis !


KLÉÔN.

Mon ami, écoute, et puis tu jugeras : « Il est une femme ; elle enfantera, dans Athènes la sainte, un lion qui défendra Dèmos contre des nuées de moucherons, comme il défendrait ses lionceaux. Garde-le, en élevant un mur de bois et des tours de fer. » Comprends-tu ce qu’il te dit ?


DÈMOS.

Pas du tout, par Apollôn !


KLÉÔN.

Le Dieu te dit clairement de me garder. Car c’est moi qui suis le lion.


DÈMOS.

Comment, à mon insu, es-tu devenu un Antilion ?


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Il y a quelque chose dans les oracles qu’il prend soin de te cacher : c’est à propos du mur de fer et de bois, dans lequel Loxias t’enjoint de le garder.