Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/180

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SOKRATÈS.

D’être un roué en fait de langage, une cliquette, une fleur de farine. Seulement, ne bouge pas.


STREPSIADÈS.

Par Zeus ! tu ne mens pas ! Saupoudré comme je suis, je vais devenir fleur de farine.


SOKRATÈS.

Il faut que ce vieillard observe le silence et qu’il écoute la prière : « Souverain maître, Air immense, qui enveloppes la terre de toutes parts, Æther brillant, et vous, Nuées, vénérables déesses, mères du tonnerre et de la foudre, levez-vous, ô souveraines, apparaissez au penseur dans les régions supérieures ! »


STREPSIADÈS.

Pas encore, pas encore ; pas avant que je me sois enveloppé de ce manteau, de peur d’être inondé. N’avoir pas pris, en sortant de chez moi, une casquette de peau de chien, quelle malechance !


SOKRATÈS.

Venez, ô Nuées vénérées, vous manifester à cet homme, soit que vous occupiez les cimes sacrées de l’Olympos, battues par les neiges, soit que dans les jardins de votre père Okéanos vous formiez un chœur sacré avec les Nymphes, soit que, aux bouches du Nilos, vous puisiez des eaux dans des cornes d’or, que vous résidiez aux Palus Mæotides ou sur le rocher neigeux du Mimas,