Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/217

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



PHIDIPPIDÈS.

Oui, mais un temps viendra où tu te repentiras de ce que tu fais.


STREPSIADÈS.

Tout va bien, puisque tu obéis. Ici, ici, Sokratès ! Sors, je t’amène mon fils, que voici : il ne voulait pas, mais je l’ai décidé.





SOKRATÈS.

C’est encore un enfant, peu rompu à nos paniers suspendus en l’air.


PHIDIPPIDÈS.

À toi de t’y rompre, si tu y restais pendu !


STREPSIADÈS.

Aux corbeaux ! Tu insultes ton maître.


SOKRATÈS.

Ah ! « Si tu y restais pendu », quelle mauvaise manière de parler, et les lèvres largement ouvertes ! Comment ce jeune homme saura-t-il jamais se tirer d’un procès, citer des témoins, avoir la faculté persuasive ou dissolvante ? Voilà donc ce que pour un talent enseignait Hyperbolos !


STREPSIADÈS.

Qu’importe ? Instruis-le. C’est une nature philosophique. Tout petit petit enfant, il bâtissait chez nous des maisons, il sculptait des vaisseaux, il construisait des chariots de cuir, et avec des écorces de grenade il faisait des grenouilles : c’était à ravir. Apprends-lui donc les