Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/30

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LE CHŒUR.

Je ne m’arrêterai pas. Ne me dis point ce que tu dis. Je te hais encore plus que Kléôn, que je couperai pour en faire des semelles aux Chevaliers. Mais je ne veux rien entendre de tes longs discours, toi qui as traité avec les Lakoniens, mais je te châtierai.


DIKÆOPOLIS.

Mes amis, laissez là les Lakoniens ; et, quant à mon traité, écoutez si je n’ai pas bien traité.


LE CHŒUR.

Comment pourrais-tu dire que tu as bien fait, du moment que tu traites avec des gens qui n’ont ni autel, ni foi, ni serment ?


DIKÆOPOLIS.

Et je sais, moi, que les Lakoniens, à qui nous en voulons trop, ne sont pas les auteurs de toutes nos misères.


LE CHŒUR.

Pas de toutes, scélérat ! Tu as le front de nous tenir en face un pareil langage ! Et je t’épargnerais !


DIKÆOPOLIS.

Non, pas de toutes, pas de toutes ! Et moi qui vous parle, je pourrais vous montrer que, maintes fois, c’est à eux qu’on a fait tort.


LE CHŒUR.

Voilà un mot imprudent, et fait pour échauffer la bile, que tu oses nous parler ainsi des ennemis !