Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/33

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DIKÆOPOLIS.

Mais faites que dans vos manteaux il n’y ait pas quelque part des pierres.


LE CHŒUR.

Elles ont été secouées par terre. Ne vois-tu pas nos manteaux secoués ? Allons, plus de prétexte ; dépose ton arme. Le secouement s’est opéré pendant notre évolution chorale.


DIKÆOPOLIS.

Vous alliez tous pousser de beaux cris, et peu s’en est fallu que ces charbons du Parnès ne périssent, et cela par la folie de leurs compatriotes. La peur a fait chier sur moi à ce panier une poussière noire comme de la sépia. C’est terrible pour des hommes d’avoir dans l’âme une humeur de verjus, qui porte à battre et à crier, sans vouloir écouter raisonnablement les raisons que j’allègue, quand je veux, sur le billot même, dire tout ce que j’ai à dire au sujet des Lakédæmoniens, et cependant j’aime ma vie, moi.


LE CHŒUR.

Pourquoi donc alors ne fais-tu pas placer un billot devant la porte, pour nous dire, misérable, la chose à laquelle tu attaches tant d’importance ? Car j’ai grande envie de connaître tes pensées. Mais selon le mode de justice que tu as fixé, fais placer ici le billot, et prends la parole.


DIKÆOPOLIS.

Eh bien, voyez : voilà le billot, et voici l’orateur, moi pauvre homme. Assurément, par Zeus ! je ne me couvrirai