Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1038

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théorie qu’il y a encore d’autres passions pour lesquelles le vice n’est ni dans l’excès ni dans le défaut ; par exemple, l’adultère ; l’homme qui le commet, ne peut pas séduire plus ou moins les femmes libres qu’il perd. Mais on ne voit pas, en faisant cette objection, que ce vice même et tout autre vice analogue qu’on pourrait citer, est compris dans le plaisir coupable de la débauche ; et que, présentant à ce point de vue, soit un excès, soit un défaut, il est blâmable au même titre que tous les autres.


CHAPITRE IX.

§ 1. La suite nécessaire de ceci, c’est d’expliquer quel est le contraire de ce milieu qui fait la vertu. Est-ce l’excès? est-ce le défaut? Il est certains milieux dont le contraire est le défaut; il en est d’autres pour lesquels c’est l’excès. Ainsi, le contraire du courage, ce n’est pas la témérité, qui est un excès ; c’est la lâcheté, qui est un défaut. Loin de là, pour la tempérance, qui est le milieu entre la débauche sans frein et l’insensibilité, eu ce qui concerne le plaisir, le contraire n’est pas l’insensibilité qui est un défaut ; c’est la débauche, laquelle est un excès.

§ 2. Au reste, les deux extrêmes peuvent à la fois être contraires au milieu,