Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1111

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prudent; néanmoins l’homme prudent est adroit. Et voilà pourquoi l’adresse coopère dans une certaine mesure aux actes de la prudence.

§ 20. Mais on dit aussi d’un homme méchant qu’il est adroit; et c’est ainsi, par exemple, que Mentor paraissait adroit sans d’ailleurs être prudent. Le propre de la prudence et de l’homme prudent c’est de ne désirer jamais que les choses les plus nobles, de toujours les préférer, et de toujours les faire. Au contraire, le but unique de l’adresse et de l’homme adroit c’est de découvrir les moyens d’accomplir les choses qui sont à faire et de savoir se les procurer. Tels sont donc les objets dont parait s’occuper l’homme adroit, et auxquels il donne tous ses soins.

§ 21. Du reste, on pourrait ici nous demander, non sans quelqu’étonnement, pourquoi voulant traiter de la morale et de la politique dans cet ouvrage, nous en sommes venus à parler aussi de la sagesse. Notre premier motif, c’est que, si la sagesse est une vertu, comme nous le disions, l’étude qu’on en fait ne doit pas sembler étrangère à notre sujet. En second lieu, il appartient au philosophe d’étudier sans exception tous les objets qui sont compris dans un même cercle.

§ 22. Et puisque nous parlons des choses de l’âme, il faut nécessairement parler de toutes ; or, la sagesse est dans l’âme ; et en parler ce n’est pas sortir de l’étude de l’âme.