Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1119

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LIVRE II, CH. III, g 2. 115

l'honnêteté ; car c'est à l'homme équitable et de sens droit de juger les cas ; mais c'est ensuite à l'honnête homme d'agir suivant le jugement ainsi porté.

CHAPITRE III.

Du bon sens. Il est inséparable de la prudence. — Quand on réussit, sans que la raison ait présidé au succès, ce n'est plus du bon sens ; ce n'est que du bonheur.

g 1. Le bon sens s'applique aux mêmes choses que la prudence, c'est-à-dire aux choses d'action que nous pou- vons à notre choix ou rechercher ou fuir. Le bon sens est inséparable de la prudence. C'est la prudence qui fait faire les choses dont nous venons de parler. Mais le bon sens est cette qualité, cette disposition ou telle autre fa- culté, qui nous découvre le parti le meilleur et le plus avantageux, dans les actes que nous devons accomplir. § 2. Aussi, les choses qui se font spontanément, quelque bien faites qu'elles soient, ne semblent pas pouvoir être rapportées au bon sens. Toutes les fois qu'il n'y a pas eu intervention de la raison pour discerner le parti le meil- leur à prendre, on ne peut pas appeler homme de bon

c h. 111. Morale à Nicomaque, vantage théorique. Il se coiilenterait

livre M, ch. 8. devoir ce que la prudence exéculc.

§ \. C'est la prudence qui fait § 2. Intervention de le. raison,

faire. La prudence serait surtout una II semble dès lors que le bon sens se

%ertu pratique ; le bon sens serait da- confond a\ec la raison.