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132 LA GRANDE MOIIALE.

science, il n'y a rien d'absurde à soutenir qu'il peut faire le mal tout en ayant la science du bien. Pour lui, c'est le cas des gens qui dorment ; ils ont beau avoir la science ; ils n'en font et n'en éprouvent pas moins durant leur sommeil une foule de choses qui répugnent à la science , parce qu'en cet état la science n'agit plus en eux. De même aussi pour l'intempérant : il ressemble on peut dire à l'homme endormi, et il n'agit plus conformément à la science qu'il possède.

Telle est la solution de la question qu'on élevait sur ce point ; car on demandait si, à ce moment, l'intempérant perd la science qu'il possède, ou si la science lui fait défaut à ce moment ; et les deux suppositions parais- saient également insoutenables,

§ 15. Mais voici encore une autre explication qui peut rendre ceci parfaitement évident. Ainsi que nous l'avons dit dans les Analytiques, le syllogisme se forme de deux propositions, dont la première est universelle, et dont la seconde, comprise sous celle-ci, est particulière. Par exemple, je sais guérir tout homme qui a la fièvre; or, cet homme que j'ai sous les yeux, a la fièvre; donc, je sais aussi guérir cet homme en particulier. Mais il se peut encore que ce que je sais de science universelle et générale, je ne le sache plus de science particulière. § 16. Une

§ U. Il n';/ a rien d'al'surde o conformément à la science qu'on pos-

/lotitenir. Loin de là ; il paraît que sède, c'est ou perdre la science sur

c'est la vérité ; la raison de Tintem- ce point spécial, ou du moins la

pérant Tavertit de sa faute, mais il laisser inactive et en défaut, n'écoute pas la raison. — Pai'aissent % 15. Une autre explication. Don-

également absjirdes. L'auteur adopte née aussi tout au long dans la Mo-

cependant, à ce qu'il semble, l'une raie à ISicomaque, livre VII, eh. 3,

(les deux solutions. Ne point aftir § 6. — Dans les Analytiques. Voir

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