Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1147

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LIVRE II, CH. VIIl, § /i3. 143

§ hO. Autre question : L'intempérant est-il débauché? ou le débauché est-il intempérant ? Ou bien plutôt, l'un n'est-il pas du tout la conséquence de l'autre ? L'intempé- rant, avons-nous dit, est celui dont la raison combat les passions ; mais le débauché n'est pas dans ce cas ; et c'est celui qui, tout en faisant le mal, a l'acquiescement de sa raison. Ainsi, le débauché n'est pas du tout comme l'in- tempérant, ni l'intempérant comme le débauché. § Al, On peut dire encore que le débauché est au-dessous de l'intempérant, en ce que les vices de nature sont plus diffi- ciles à guérir que ceux qui ne viennent que de l'habitude; car toute la force de l'habitude se réduit à faire que les choses deviennent en nous une seconde nature. § 42. Ainsi donc, le débauché est celui qui, par sa propre na- ture et tel qu'il est, se trouve capable d'être vicieux ; et c'est de cette cause et de cette source unique que vient en lui une raison mauvaise et perverse. Mais l'intempérant n'en est pas là ; ce n'est pas parce qu'il est naturellement mauvais que la raison n'est pas bonne en lui ; car elle serait en lui de toute nécessité mauvaise, s'il était lui- même par sa nature ce qu'est l'homme vicieux. § 43. En un mot, l'intempérant est vicieux par habitude, et le dé- bauché l'est par nature. Mais le débauché est plus diffi- cile à guérir; car une habitude peut être chassée par une autre habitude, tandis que la nature n'est jamais chassée par rien.

��§ iO. Autre question. Voir la Mo- n'est joas dans ce cas. Répétition de

raleàNicomaque, livre VII, ch. 7, 8 ce qui vient d'être dit, § 29. — lù;i

et y, p. 273. — Avons-tious dit. Un au-dessous de Cintcmpératit. Id. Ces

peu plus hant, $ h. — Le débauché redites sout inutiles.

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