Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1151

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LIVRE II, CH. i\, ^ L ]/|7

ils ajoutent qu'il y a des plaisirs mauvais, et que le bien ne saurait jamais être dans le mal. De plus, ils remarquent que le plaisir est dans tous les êtres indistinctement, dans le méchant, comme dans le bon, dans la bête féroce comme dans l'animal domestique; mais que le bien ne saurait jamais se mêler aux êtres mauvais, et qu'il ne peut pas être commun à tant de créatures différentes. Ils disent encore que le plaisir n'est pas l'objet suprême de r homme, et que le bien est au contraire son but suprême ; enfin, ils soutiennent que souvent le plaisir empêche d'ac- complir le devoir et de faire le bien, et que ce qui empê- che de faire le devoir ne saurait être le bien.

§ h. Il faut d'abord réfuter la première objection, qui fait du plaisir une simple génération ; et il faut essayer de repousser ce raisonnement, en faisant voir qu'il n'est pas exactement vrai. D'abord en effet, tout plaisir n'est pas une génération. Et ainsi, le plaisir qui vient de la science et de la contemplation intellectuelle, n'est pas du tout une génération, pas plus que celui qui nous vient du sens de l'ouïe ou de l'odorat ; car alors ce n'est pas de la satisfac- tion du besoin que nous vient le plaisir, comme dans bien d'autres cas; et, par exemple, dans les plaisirs du manger et du boire, ces derniers plaisirs pouvant venir tout à la fois et du besoin et de l'excès, puisque nous pouvons les goûter, soit en contentant un besoin, soit en compensant un excès antérieur. Dans ces conditions, je le reconnais,

��qui a besoin d'être expliqué. — ]ls § i. De la science et de la eon-

ajoutcnt... Ce résuiné des objections templation intellectuelle. Il n'y a

rontre le plaisir est plus net que qu'un seul mot dans le texte; j'ai dû

celui de la Morale à Nicoinaque. en mettre deux.

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