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162 LA GRANDE MORALE.

qui viennent de la fortune, ne sont véritablement réparties qu'au hasard. Si donc nous attribuons à Dieu ce désordre, nous en ferons un très-mauvais juge, ou du moins, un juge fort peu équitable ; et c'est là un rôle qui ne convient pas à la majesté divine.

§ h. Mais, en dehors des choses que nous venons d'in- diquer, on ne saurait où placer la fortune; et par consé- quent, elle doit être évidemment l'une quelconque de ces choses. L'intelligence, la raison et la science lui sont, à mon avis, tout à fait étrangères. D'autre part, il n'est pas possible que le soin et la faveur de Dieu soient la source de la prospérité et de la fortune, puisque souvent la for- tune appartient tout aussi bien aux méchants, et qu'il est peu probable que Dieu s'occupe des méchants avec tant de sollicitude, g 5. Reste donc la nature, qui doit nous paraître l'origine la plus vraisemblable et la plus simple de la fortune. La prospérité et la fortune consistent dans des choses qui ne dépendent pas de nous, dont nous ne sommes pas les maîtres, et que nous ne pouvons pas faire à notre gré. Aussi, ne dira-t-on jamais de l'homme juste, en tant que juste qu'il est favorisé de la fortune, pas plus qu'on ne le dit de l'homme courageux, ni de quiconque montre de la vertu en quelque genre que ce soit ; car ce sont là des choses qu'il dépend de nous d'avoir ou de n'avoir pas. Mais il est des choses où nous appliquerons

��sont trop souvent attribuées à qui les d'indUfuer. La nature, l'intelligence

mérite peu. — Si nous attribuons à et Dieu.

Dieu ce désordre. Idée vraie et toute § 5. Heate donc lu nature. Celte

Platonicienne. solution nVst pas la plus mauvaise

§ [\. Des choses que nous venons qu'on puisse donner; et l'orig^ine du

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