Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/1383

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LIVRE VII, Cil. 11, g AS. 379

11 n'y a pas non plus d'amis sans le temps ; sans lui, on n'a que la volonté d'être amis ; et cette simple disposition est prise le plus souvent, sans qu'on s'en rende compte, pour de l'amitié réelle. § Al. Car il suffit qu'on soit tout disposé à devenir amis, parce que déjà l'on se rend tous les services mutuels que l'amitié exige, pour penser qu'on n'a plus seulement la volonté d'être amis, et qu'on l'est en elle t. Mais il en est ici de l'amitié conmie de tout le reste ; on ne guérit pas seulement pour vouloir guérir ; et il ne suffit pas davantage de vouloir être amis pour l'être réellement. § A2. La preuve c'est que ceux qui sont dans cette disposition les uns à l'égard des autres, et ne se sont pas encore éprouvés, sont aisément accessibles au soupçon. Dans les choses, au contraire, où l'on s'est donné mutuellement sa mesure, on ne se laisse pas aisément aller à la défiance ; mais dans les choses où l'on ne s'est pas encore éprouvé, on se laisse assez facilement per- suader, quand les calomniateurs apportent des faits de quelque vraisemblance. § AS. Il est évident aussi que l'amitié même à ce degré, ne se produit pas dans le cœur des méchants ; car le méchant n'éprouve de con- fiance pour personne. 11 est malveillant pour tout le

��— Il n'y a pas d'amis sans le temps, que sur la guérisou d'une maladie.

Ceci est vrai ; mais suivant l'âge, sui- § li2. Sunt aisrmcnt accessibles

vant les caraclèrcs et les circoiis- au soupçon. Dans la Morale à Nico-

lances, les amitiés se forment plus ou maque, Icc. laud. C'est là aussi la

moins vite. • pierre de touche de la véritable

§41. On ne guérit pas seulement amitié; cette théorie peut se vérifier

pour vouloir guérir. La comparai- frétiuemment dans la pratique de la

son n'est pas très-jusle, en ce que la vie.

volonté a bien plus d'action sur l'a- §43. Il est mnlveillant pour tout

uiitiéet les sentiments qui la forment, leinomU. La malveillance générale

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