Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/143

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PREFACE. (:\\\m

sans discerne nie ut tous les périls, ce n'est plus du courage, c'est de la témérité; de même que fuir tous les dangers, quels quMIs soient, est le fait de la lâcheté, qui craint tout et ne sait rien souffrir. La vertu est donc une sorte de milieu entre deux excès qui ont également pour résultat de la détruire. Elle seule, par sa modération et sa juste mesure, peut mainte- nir l'homme dans cette heureuse disposition qui lui l)ermet d'accomplir en tout temps, dans toute occa- sion, sa fonction propre. Actes et sentiments, il faut que tout se tienne dans une proportion raisonnable, laquelle varie d'ailleurs avec les individus, avec les circonstances et les relations de tout ordre que le mouvement naturel des choses amène sans cesse.

Telle est celte fameuse théorie du milieu, qui, prise dans celte généralité, est aussi exacte qu'elle est sage dans la pratique, et que l'on a si souvent critiquée, parce qu'on l'a trop peu comprise ^

Aristote n'a jamais dit que toute vertu, sans aucune exception, fût placée à égale distance entre deux vices contraires, et il a signalé tout le premier

��(1) Kant a combattu cette théorie d'Aristote dans son Introduc- tion delà Moi-alo, traduction française de "M. J. Tissot, 3 édition, ])age!5 187 et 233.

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