Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/219

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PUKFACK. rr.xi

dompter la naliirc dont il est le maître, pour adorer Dieu dont il est la créature, et jouir de la liberté pour laquelle il est né.

Mais à mesure que nous connaissons mieux un passé antérieur à celui du Paganisme, qui en est peut-être issu, nous nous apercevons que les croyances morales, prises par nous pour le patrimoine commun de riiumanité, sont le privilège exclusif de nos pères et le nôtre. Des monuments authentiques et sacrés nous révèlent chez des peuples, d'ailleurs fort intelli- gents, des convictions non moins réfléchies, mais absolument diverses de celles que nous avons. Ces peuples ont étudié ces graves sujets autant que nous et les Grecs, nous avons pu le faire ; les ouvrages où ils ont déposé leur foi sont sans nombre ; et ils con- tredisent de fond en comble les principes qui nous semblent les plus évidents et les plus essentiels. Là, tout est nié; ou plutôt, tout est ignoré, de ce que nous regardons comme des vérités indéfectibles : la personnalité de l'homme, la liberté, la spiritualité de l'âme, son avenir et sa destinée, qui n'est plus que le néant d'où elle est sortie et où elle retourne, l'exis- tence de Dieu, qu'on ne paraît même point soup- çonner et qu'on ne trouve pas nécessaire, pour com- prendre, ni la nature qu'on redoute, ni la raison qu'on

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