Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/238

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À ce point essentiel, qui est le premier de tous, il faut en ajouter un autre. L’éducation doit être très-sévère, même dès le début, ce qui ne l’empêche pas, j’ai hâte de le dire, d’être très-tendre. Quand il n’est pas possible encore de faire comprendre les principes, il ne faut pas moins les inculquer par une régularité dont l’enfant profite, bien longtemps avant qu’on ne puisse lui en rendre compte. Comme la vie doit être soumise à des règles, il est bon de l’y plier le plus tôt qu’on peut. C’est le moyen d’éviter plus tard la contrainte, que l’habitude aura rendue inutile ; et l’enfant, docile dès ses premières années, acceptera la loi sans murmure et sans faiblesse. C’est de plus lui préparer des forces, dont il aura dans la suite grand besoin. On fera bien de lui faire amasser ce trésor, sans que d’ailleurs il s’en doute. Les luttes incessantes qu’il devra soutenir contre ses propres passions et contre les circonstances, fussent-elles les plus heureuses, sont toujours bien pénibles ; et ce n’est point par la mollesse et par le relâchement qu’on l’y dispose. La licence, même au seuil de la vie, est une mauvaise école ; et si l’âme de l’enfant y est restée longtemps, il aura bien de la peine ensuite à se transformer, pour devenir un énergique serviteur du devoir. Au lieu de l’accomplir dans toute sa pureté,