Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/253

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ne puisse aisémeul braver. Ceux qui viennent du vice, on a su les prévenir en le fuyant ; et la vertu, sans être surhumaine, sait les éviter presque tous. Ceux de la fortune atïligent médiocrement, parce qu'ils sont réparables , et que la tempérance aide beau- coup à les supporter. Restent donc les douleurs mo- rales et les souffrances personnelles. Les douleurs morales, le-vice étant éliminé, se réduisent à la perte de nos affections. Mais on ne peut aimer dans la vie qu'à titre précaire, et nos amours les plus légitimes sont faits pour nous être un jour ravis. Dieu dispose de nos proches, comme il dispose de nous-mêmes; et nous n'avons, pour eux comme pour nous, qu'à nous résigner à ses décrets, même lorsqu'ils nous font les blessures les plus cruelles. Enfin, quant aux maux du corps, on ne dira point avec le Stoïcisme : « dou- leur, tu n'es point un mal » , à moins qu'on ne veuille jouer sur une équivoque. Mais il sulïit du courage le plus vulgaire pour les endurer, soit qu'ils viennent de notre imprudence, soit qu'ils viennent du hasard. Même quand ils ne sont pas la conséquence d'un devoir, ils sont presque toujours une épreuve, oii l'àme, se repliant en soi, grandit par les souffrances de son compagnon ; et quand on sait les prendic sans esprit de révolte, il y a comme une sorte

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