Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/29

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PRÉFACE. xit

ment le p;enre liiiniain. et ce que confesse le scep- tique lui-même, si ce n'est par ses paroles, dont le sophisme dispose, du moins par ses actions oii éclate maigre Inircvidencc irrésistible du principe qu'Unie. La volonté dans riiomme est ce pouvoir qu'il exerce de se décider dans un sens ou dans l'autre, sans que rien au monde soit capable de le contraindre, du moment qu'il n'accepte pas de lui-même la con- trainte. Il est manifeste que ce pouvoir est tout l'homme, et qu'il nous constitue essentiellement. Celte voix qui parle à notre conscience, est bien en uons ; mais elle n'est pas nous, puisque c'est une loi qui nous oblige ; nous ne l'avons pas faite, puisque nous sommes impuissants à la changer, malgré toutes les suggestions de l'intérêt ou tous les aveuglements de la passion. La volonté, au contraire, c'est nous- mêmes, et notre personne ; c'est nous seuls, avec notre grandeur et notre faiblesse, avec notre double pouvoir de soumission ou de désobéissance.

C'est là ce qu'on appelle la liberté, don prodigieux et redoutable, qui fait la force de l'homme, et qui, selon qu'il l'emploie bien ou mal, fait son bonheur ou son infortune, son élévation ou son abaissement. C'est là ce qu'il faut appeler, d'un mot tiré du voca- bulaire de Kant, l'autonomie de la volonté, non pas

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