Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/306

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nière dont se termine le livre commun, qui est le sep- tième de la Morale à Nicomaque et le sixième de la Mo- rale à Eudème, on verra qu'il se joint bien mieux au début du livre VII de cette même Morale qu'au début du livre VIII de la Morale à Nicomaque.

Selon M. Fischer, Schleiermacher a eu grande raison d'être choqué par la concision excessive et inexplicable de la théorie des vertus intellectuelles. Mais sur ce seul motif, il ne faut pas prétendre, comme l'a fait Schleier- macher, que la Morale à Nicomaque tout entière n'est point d' Aristote ; il faut penser seulement que le sixième livre, qui renferme cette théorie, n'est pas de sa main.

Du septième et du sixième livres de la Morale à Nico- maque, il faut descendre au cinquième ; et ici la question change un peu de face. La théorie de -la justice, qui le remplit presque complètement, n'est attribuable qu'au seul Aristote pour la solidité des idées et la vigueur du style. Mais ce livre V se termine par une question presque puérile, qui a d'ailleurs le tort d'avoir été déjà tj-aitée pré- cédemment, et qui reçoit de nouveau et sans aucun besoin des développements aussi confus qu'exagérés : c'est la question de savoir jusqu'à quel point on peut être injuste envers soi-même. M. Fischer n'hésite donc pas à scinder en deux le livre V de la Morale à Nicomaque : toute la discussion générale de la justice est bien d' Aristote ; mais le dernier chapitre est d' Eudème, auquel il faut le rendre avec les hvres VI et VII, qui, dans l'opinion de M. Fis- cher, ne valent guère mieux.

Voilà pour la première partie de la dissertation, c'est- à-dire, pour ce qui regarde l'attribution des livres. La seconde est employée à une recherche au moins aussi

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