Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/317

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dans la Métaphysique. On comprend très-bien qu’on en tienne compte si la Morale à Eudème paraît authentique. Mais quand elle ne le paraît pas, à quoi bon introduire un élément si nouveau et si essentiel dans le système d’Aristote? Sans doute, il serait à désirer que cette noble croyance ne manquât point au philosophe, pas plus qu’elle n’a manqué à Platon, son maître, et a. Socrate. Mais il est assez délicat de la lui prêter, s’il ne l’a point eue. Je serais donc porté à supposer que pour M. Brandis, la question n’est point encore tout à fait tranchée, malgré les ingénieuses recherches de M. L. Spengel ; et que, conservant des doutes sur l’auteur véritable de la Morale à Eudème, il a quelque peine à l’exclure du trésor aristotélique. Il ne suffirait pas, pour l’y comprendre, qu’elle fût la rédaction d’un disciple intelligent ; car à ce titre, elle ne pourrait servir qu’à l’histoire du Péripatétisme, et non point à l’exposition de la doctrine personnelle d’Aristote. Si on l’y comprend, c’est qu’il n’est pas très-sûr qu’elle ne soit point d’Aristote lui-même.

Voici donc, en résumant tous les travaux que je viens de passer en revue, où en est arrivée la question selon les plus récents critiques :

1° Sans parler de la Morale à Nicomaque, sur l’authen- ticité de laquelle il n’est plus guère permis d’élever des doutes, la Morale à Eudème est d’ Eudème de Rhodes, le disciple d’Aristote, qui balança le choix du maître avec Théophraste pour la direction de l’Ecole après lui.

2° Des trois livres communs, deux au moins appar- tieiment originairement à la Morale d’Eudème-, et de là, ils ont été transportés, on ne sait par f[ui, dans la Morale à Nicomaque.

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