Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/45

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PUÉFACE. XXXV

de celle union de Tcsprit et de la malière en lui. redoutable seulement quand il ne sait point en user. File est d'abord la condition essentielle de la vertu, ce prix dernier de la vie morale et son trésor. Sans combats, la verUi n'est point ; car il est par trop évident que, sans lutte, il n'y a point de triomphe. De plus, l'homme éclairé par l'expérience et sincè- rement ami du bien, peut faire tourner à son profit cette influence possible du physique sur le moral. En réglant le corps de certaine façon, on tempère les passions de l'âme ; et par uu régime bien entendu, on lire, en partie du moins, la santé de l'âme de la santé du corps : Mens sana in corporc sano. C'est l'âme qui d'abord a réglé le corps ; c'est elle qui l'a soumis au gouvernement convenable, et qui l'a res- treint dans ses vraies limites. Mais, par un retour inexplicable, le corps rend à l'âme ce qu'il en a reçu; et loin de la troubler désormais, il lui transmet un calme et une paix qu'elle emploie à mieux com- prendre le devoir et à le mieux accomplir. L'union de l'âme et du corps est donc un bienfait, et ce n'est pas assez le reconnaître que d'en gémir, comme le font quelquefois les cœurs les plus purs, et d'anti- ciper la dissolution du pacte, soit par des vœux téméraireS; soit par un ascétisme exagéré.

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