Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/603

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LIVHE IV, CH. I, § 38. 81

dans cette classe qu'il faut ranger le ladre , et tous ceux qui, comme lui, prêts à couper un cheveu en quatre, mé- ritent ce nom , parce qu'ils portent à l'excès le soin de ne jamais rien donner à personne. Les autres ne s'abstien- nent de rien recevoir d'autrui que par un sentiment de peur, parce qu'il n'est pas facile en effet de recevoir soi- même des autres , et de ne jamais leur donner une partie de ce qu'on a ; ils préfèrent ne rien recevoir et ne rien donner.

§ 37. D'autres avares, au contraire, se signalent par un excès à recevoir de toutes mains, et à prendre tout ce qu'ils peuvent : par exemple , tous ceux qui se livrent à d'ignobles spéculations , les entreteneurs de mauvais lieux, et tous les gens de cette espèce ; les usuriers, et tous ceux qui prêtent les plus petites sommes à gros inté- rêts. Tous ces gens-là prennent là où il ne faut pas prendre, et plus qu'il ne faut prendre, g 38. L'avidité pour les lucres les plus honteux paraît être le vice commun de tous ces cœurs dégradés ; il n'y a point d'infamies qu'ils n'en- durent, pourvu qu'ils en recueillent un profit. Et encore, est-ce toujoiu's pour un bien mince profit ; car on aurait tort d'appeler avares ceux qui font des profits immenses, là où ils ne devraient pas en faire, et qui s'approprient ce

��gaires pour rendre mieux la pensée et ceux qui veulent toujours recevoir.

d'Aristote. — Un clieveu en quatre. — Tous ceux qui se livrent à dl-

Le texte a une métaphore analogue ; gnobles spéculntions. Ce n'est plus là

j'ai choisi celle qui est la plus fami- précisément ce qu'on entend par l'a-

lière à notre langue. varice.

$"<~. D'autres avares au contraire. §38. Pour un bien mince profit.

Aristote distingue donc deux classes C'est là en eiTet une des conditions

principales parmi les avares : ceux essentielles de l'avarice. L'exemple

qui ne veulent jamais rien donner, que cite Aristote le prouve bien ; et

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