Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/612

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à tous ces égards; et après avoir dépensé énormément, il fera perdre aux choses par une certaine i)etitesse toute leur grandeur et toute leur beauté. Dans tout ce qu’il fait, il retarde sans cesse la dépense; il cherche à dépenser le moins qu’il peut; il plaint tout ce qu’il dépense ; et il croit toujours faire beaucoup plus qu’il ne faut. § 20. Ue telles dispositions morales sont certainement des vices; et cependant elles ne suffisent pas à déshonorer un homme, parce qu’elles ne nuisent point à autrui, et qu’elles ne sont pas absolument dégradantes.

CHAPITRE III.

De la magnanimité; définition; les deux vices opposés; la petitesse d’àme et la vanité présomptueuse. — Le magnanime n’a jamais que l'honneur en vue ; il est le plus vertueux des hommes. — Modération du magnanime dans toutes les fortunes ; les avantages d’une grande position développent la magnanimité. — Hauteur et fierté du magnanime; son courage, son désintéressement, son indépendance, sa lenteur et son indolence, sa franchise, sa gravité silencieuse; ses manières personnelles. — L’homme sans grandeur d’âme. — Le sot vaniteux.

^. i. La magnanimité ou grandeur d’âme, comme son

Ce travers devait être plus fréquent à la mesquinerie. — Elles ne suffisent

encore chez les anciens, précisément pas d déshonorer un homme. Mais

parce que la magniiicence y était une elles suffisent à le rendre ridicule, sorte de devoir public, auquel l’opulence Ch. IIJ. Gr. Morale, livre 1, ch. 23;

lence ne pouvait se soustraire. Morale à Eudônic, livre III, ch. 5.

§ 20. De telles dispositions nto- § 1. Ou grondeur d\ime. J’ai

rôles. Celles qui poussent au faste ou ajouté relie parapluase pour que la