Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/615

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LIVRE IV, Ctl. III, ^ 11. 93

sans que d'ailleurs cette préoccupation sorte jamais des justes limites, § 7. Et certes, ce n'est pas sans raison que les cœurs magnanimes semblent surtout considérer l'honneur, puisque les Grands ambitionnent surtout l'hon- neur qu'ils regardent comme leur plus digne récom- pense.

§ 8. La petitesse d'âme pèche par défaut, et elle laisse celui qui l'éprouve au-dessous de lui-même, et de ce noble sentiment qu'éprouve le magnanime, g 9. Quant à l'homme vaniteux, il pèche par excès dans l'opinion exagérée qu'il a de son propre mérite; mais à cet égard, il ne" dépasse point le magnanime.

§ 10. Puisque le magnanime est digne des plus grands honneurs, il faut aussi qu'il soit le plus parfait des hommes. Quand on a plus de mérite, on a droit à la plus belle part ; et le meilleur des hommes a droit à la part la meilleure. Ainsi, il faut nécessairement que l'homme vraiment magnanime soit plein de vertu ; et tout ce qu'il y a de grand dans les vertus de chaque genre, semble devoir être son partage. § 11. Il ne conviendra jamais au magnanime de trembler ou de fuir , pas plus qu'il ne s'abaissera jamais à faire le mal. Comment com-

��core plus sûres que les autres. — nimes, bien qu'ils soient en position

Sorte jamais des justes limites. Cette de l'être plus aisément,

restriction est nécessaire ; car autre- §9. L'opinion exagérée. Et que par

ment le magnanime perdrait son conséquent il ne mérite pas.

caractère, si sa préoccupation dégé- § 10. Le plus parfait des hommes.

nérait en inquiétude mesquine. Il n'y a point en effet de qualité mo-

§ 7. Les Grands ambitionnent sur- raie qui soit au-dessus de la magna-

tout l'honneur. C'est vrai ; mais les nimité. Elle provoque l'admiration

Grands ne sont pas toujours magna- et l'amour partout où on la ren-

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