Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/617

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les insultes , puisque jamais elles ne sauraient être justes envers lui.

■^ 1/i. Mais si le magnanime, comme je l’ai dit, regarde surtout à l’honneur, il n’en saïu-a pas moins se modérer en tout ce qui concerne la richesse, la puissance; en un mot, la fortune et l’adversité, sous quelques formes qu’elles se présentent. Dans le succès, il n’aura ])oiut une joie excessive ; ni dans les revers, un excès d’abaissement. Il n’a pas même ces sentiments emportés à l’égard de l’honneur, qui est cependant à ses yeux la plus importante de toutes les choses , puisque la puissance avec ses ressources infinies et la richesse ne semblent à désirer qu’en vue de l’honneur qu’elles peuvent procurer, et que ceux qui possèdent ces avantages veulent surtout en tirer de l’honneur. Mais la grande âme pour qui les honneurs sont peu de chose , s’inquiète encore moins de tout le reste ; et voilà comment les magnanimes paraissent bien souvent dédaigneux et altiers.

§ 15. Toutefois on peut dire que les avantages d’une situation grande et prospère contribuent aussi à développer la magnanimité. Une naissance illustre, le pouvoir, l’opulence , sont entourés d’honneur et de considération ; car ces conditions sont rares et supérieures dans la vie; et tout ce qui dans le bien offre une supériorité , semble plus spécialement digne d’honneur. Voilà pourquoi des avantages de ce genre rendent parfois les hommes plus magnanimes , parce qu’ils sont déjà ho-

§ 14. Comme je l'ai dit. Plus haut dans ce chapitre, § 6.

§ 15. Rendent parfois les hommes plus magnanimes. Cette observation, restreinte dans ces limites, est très- exacte ; et c’est là ce qui fait que dans les véritables aristocraties, l’éducation et toutes les habitudes de la vie forment de grands caractères, — Parce qu’ils sont déjà honorés.