Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/70

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comme les conditions de la vertu en ce monde demeurent toujours les mcMr.es, la démonstration qu'en fiiit Socrate nous intéresse tout autant que ses contemporains. On se plaint aujourd'hui comme alors des épreuves douloureuses de la vertu. Voici ce qu'en pense la grande âme du sage, victime d'une atTreuse iniquité.

Il en appelle à l'expérience : Oui, la vertu quand on veut en goûter, et lorsqu'on ^ ne l'abandonne point dès ses premiers ans comme un transfuge, l'emporte par l'endroit même qui nous tient le plus au cœur. Oui, elle nous procure plus de plaisirs et moins de peines durant tout le cours de la vie. Quel est l'être raisonnable en effet qui puisse préférer la folie, la lâcheté, l'intempérance et la maladie, à la raison, au courage, à la tempérance et à la santé ? Rien qu'à regarder le spectacle des choses humaines, qui peut nier qu'en général et tout compensé, la vertu n'y soit bien plus heureuse que le vice ? Elle remporte aussi les prix de l'opinion et les distribue à ses partisans, outre les biens solides et tout autre- ment précieux qu'elle leur garde. Elle ne trompe

��(1) Platon, Lois, I, pages, 33, 53, 5Zi; Pliitcbc, le dialogue tout entier; népubliquc, l\, '200; Loix, V, 267.

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