Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/781

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LIVRE VII. CH. IV, g 5. 259

athlète, le nom spécial qu'on lui donnait ne différait que très-peu du nom général de l'espèce. Mais pourtant ce nom était autre. Ce qui prouve bien, qu'il en est ainsi pour l'intempérance, c'est qu'elle est toujours blâmée non pas seulement comme une faute , mais aussi comme un vice, qu'elle soit d'ailleurs considérée d'une manière absolue 'ou simplement dans un acte particulier. Mais aucun de ceux que je viens d'indiquer, ne peuvent être ainsi blâmés comme intempérants, par une appellation absolue.

§ A. Il n'en est pas de même quant aux jouissances du corps, pour lesquelles on dit d'un homme qu'il peut être sobre ou dissolu. Celui qui, dans ces jouissances, poursuit des plaisirs qu'il pousse à l'excès, et qui fuit sans mesure les sensations pénibles de la soif et de la faim, du chaud et du froid ; en un mot, celui qui recherche ou qui craint toutes les sensations du toucher ou du goût, non pas par un libre choix de sa volonté , mais contre son propre choix et contre son intention, celui-là est appelé intempérant, sans qu'on ajoute rien à ce nom, comme on le fait quand on veut dire qu'un homme est intempérant dans telles ou telles choses spéciales, par exemple, en fait de colère. Mais de lui l'on dit seulement, et d'une ma- nière absolue, qu'il est intempérant. § 5. Si l'on pouvait douter de ceci, il suffirait de remarquer que c'est aussi

��ce point. Voir Tédilion de la Morale fait d'honneur se nomme un ambi-

à Eudème de M. F'ritzsch, pages 161 tieux, etc.

etl62. — Ne peuvent être ainsi blâmés. § à. Quant aux jouissances du

L'intempérant en fait d'argent se corps. Déjà plus haut, livre III,

nomme un avare; Tinlempérant en ch. 11, Aristote a établi que la tem-

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