Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/788

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266 MORALE A MCOMAQUE.

avons déjà remarquée, en disant que celui qui dans la co- lère se laisse emporter aux derniers excès de cette passion, doit être qualifié d'après cette passion même, et ne doit pas pour cela être appelé intempérant d'une manière absolue. C'est qu'en effet tous ces excès de vices, de déraison, de lâcheté, de débauche, de cruauté, sont tantôt les effets d'une nature brutale, et tantôt les effets d'une véritable maladie. § 6. Ainsi, un homme qui est tellement organisé par la nature qu'il a peur de tout, même du bruit d'une souris, est lâche d'une lâcheté vraiment faite pour une brute. Un autre à la suite d'une maladie avait une terreur invincible pour les chats. Parmi les gens frappés de dé- mence, les uns, qui ont perdu la raison par le seul effet de la nature et qui ne vivent que par leurs sens, sont de vraies brutes, comme certaines races de barbares dans les pays lointains. D'autres qui ne sont tombés en cet état que par des maladies, telles que l'épilepsie, ou la folie, sont de vrais malades. § 7. Parfois, on JDeut avoir simple- ment ces goûts effroyables sans en être dominé ; et par exemple, il eût été très-possible que Phalaris domptât en lui ces affreux désirs qui le poussaient à dévorer des enfants, ou à satisfaire contre nature les besoins de l'a- mour. Parfois, aussi l'on a ces goûts déplorables, et l'on y succombe.

��s'est laissé entraîner à parler de ces barbares. Il existe encore certaines

vices exécrables, en traitant de Tin- races de sauvages aussi dégradées,

tempérance, avec laquelle ils n'ont surtout dans l'Afrique et dans l'O-

qu'un rapport tri"s-él oigne. — Être céanie.

appelé intempcrant. L'expression ne § 7. H eàt été très-possible que

serait point assez forte ni surtout Phalaris. Voir un peu plus haut

assez exacte. Voir ch. i, § 5. dans ce même chapitre ce qui est dit

§ G. Comme certaines races de de Phalaris, §2.

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