Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/843

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LIVRE YIII, CH. 111, § 9. ' 321

aux nôtres, nous causent toujours du plaisir, et que les actions des gens vertueux ou sont vertueuses aussi, ou du moins sont pareilles entr' elles. § 7. Une amitié de cet ordre est durable, comme on peut aisément le concevoir, puisqu'elle réunit toutes les conditions qui doivent se trouver entre les vrais amis. Ainsi, toute amitié se forme en vue de quelque avantage ou en vue du plaisir, soit ab- solument, soit du moins pour celui qui aime ; et de plus, elle ne se forme qu'à la condition d'une certaine ressem- blance. Or, toutes ces circonstances se rencontrent essen- tiellement pour le cas que no as indiquons ici : dans cette amitié là, il y a la ressemblance en même temps que le reste, c'est-à-dire que, de part et d'autre, on est absolu- ment bon et de plus absolument agréable. Il n'est donc rien au monde de plus aimable ; et c'est dans les per- sonnes de ce mérite que se trouve le plus souvent l'amitié, et qu'elle y est la plus parfaite. § 8. Il est tout simple d'ailleurs que des amitiés aussi nobles soient fort rares, parce qu'il y a bien peu de gens de ce caractère. Pour former ces liens, il faut déplus du temps etde l'habitude. Le proverbe a raison, et l'on ne peut guère se connaître mutuellement, « avant d'avoir mangé ensemble les bois- » seaux de sel » dont il parle. On ne peut non plus s'ac- cepter, on ne peut être amis, avant de s'être montrés dignes d'affection l'un à l'autre, et avant qu'une confiance réciproque ne se soit établie. § 9. Quand on se fait mu- tuellement de si rapides amitiés, on veut bien sans doute

§ 7. Le plus souvent l'amitic. V habitude. Observation très-pratique.

Entendue dans son vrai sens. et qu'on oublie trop souvent dans la

§ 8. Soient fort rares. Comme la vie, où les liaisons sont en général

vertu elle-même. — Du temps et de rapides et légères.

21

�� �