Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/869

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LIVRE VIII, OH. X, § /i. U7

la totalité, ou du moins la plus grande partie des biens sociaux; maintiennent toujours les pouvoirs dans les mêmes mains, et mettent la richesse au-dessus de tout le reste. A la place des citoyens les plus dignes et les plus honnêtes, ce sont alors quelques gens aussi peu nombreux c[ue méchants qui gouvernent. Enfin, la constitution dévie de la timocratie à la démocratie, deux formes politiques qui se touchent et sont limitrophes. La timocratie s'accom- mode assez bien de la foule; et tous ceux qui sont compris dans le cens fixé, deviennent par cela seul égaux. La dé- mocratie est d'ailleurs la moins mauvaise de ces déviations constitutionnelles, parce qu'elle ne s'éloigne que très-peu de la forme de la république.

Telles sont les lois des changements que subissent le plus souvent les États; et c'est en éprouvant des modifica- tions successives, qu'ils dévient le moins possible et le plus aisément de leur principe.

§ à. On pourrait trouver des ressemblances, et comme des modèles de ces gouvernements divers, dans la famille elle-même. L'association du père avec ses fils a la forme de la royauté ; car le père prend soin de ses enfants ; et voilà comment Homère a pu appeler Jupiter : ((Le père des hommes et des Dieux. » Ainsi, la royauté tend à être un

��quelles sont les formes diverses que Aristote. Platon, au contraire, trouve

prend Pamitié sous les divers gouver- les modèles, des diverses formes de

nements. — Les lois des cliange- gouvernements dans les caractères

ments. Il faut voir tout ceci déve- différents des individus. — Homère.

loppé plus complètement dans la Cette épithète est donnée trés-fré-

théorie des révolutions, au huitième quemment à Jupiter dans Tlliade et

et dernier livre de la Politique. dans l'Odyssée. Aristote fait la

§ k. Dans la famille elle-même, même remarque, et cite également

Cette idée appartient tout entière à Homère dans la Politique, livre I,

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