Page:Aristote - La Politique.djvu/10

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



CHAPITRE II.


Théorie de l’esclavage naturel. — Opinions diverses pour ou contre l’esclavage ; opinion personnelle d’Aristote ; nécessité des instruments sociaux ; nécessité et utilité du pouvoir et de l’obéissance. — La supériorité et l’infériorité naturelles font les maîtres et les esclaves ; l’esclavage naturel est nécessaire, juste et utile ; le droit de la guerre ne peut fonder l’esclavage. — Science du maître ; science de l’esclave.

§ 1. Maintenant que nous connaissons positivement les parties diverses dont l’État s’est formé, il faut nous occuper tout d’abord de l’économie qui régit les familles, puisque l’État est toujours composé de familles. Les éléments de l’économie domestique sont précisément ceux de la famille elle-même, qui, pour être complète, doit comprendre des esclaves et des individus libres. Mais comme, pour se rendre compte des choses, il faut soumettre d’abord à l’examen les parties les plus simples, et que les parties primitives et simples de la famille sont le maître et l’esclave, l’époux et la femme, le père et les enfants, il faudrait étudier séparément ces trois ordres d’individus, et voir ce qu’est chacun d’eux et ce qu’il doit être. § 2. On a donc à considérer, d’une part, l’autorité du maître, puis, l’autorité conjugale ; car la langue grecque n’a pas de mot particulier pour exprimer ce rapport de l’homme et de