Page:Asselin - 1918-01-10 - 06M CLG72B1D29 10-01-1918.djvu/1

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Histoire du ⁁bon chien Marion,


écrites en lettres cubiques par le major Olivar Asselin, officier en disponibilité, pour son fils Pierre, âgé de 8 ans le 14 janvier 1918, élève-canonnier dans la belle marine française.

Mon cher Pierre,

Il y a au 10e de réserve un chien si beau, si bon, si fin, que je me dis toujours en le regardant : « si Pierre avait un chien comme ça ! »

Mais il faudrait que tu recommences son éducation, car c’est un chien de militaires : il ne n’aime pas du tout les civils. Peut-être aussi qu’en mettant ta casquette Allemande et en empruntant le fusil ap à Paul tu pourrais te faire aimer de lui. Ce n’est qu’un chien, après tout ; et comme il n’a jamais vu de soldats ale Allemands, il y aurait peut-être moyen de le tromper sur l’uniforme.

Il s’appelle Marion. Je ne sais pas de quelle race il est, car j tu sais que nous n’avons jamais eu de chiens, et je ne les ai jamaispas étudiés. Je crois seulement que c’est un Barbet, car il a de la barbe jusque dans les yeux. Peut-être aussi que c’est un Ratier. Pourquoi suis-je sous l’impression que c’es ce pourrait être un Ratier ? Je n’en sais rien : je ne lui ai jamais vu prendre de rats. Mais il me semble qu’avec son u n un museau comme le sien il pourrait en attraper. Quand je vois le gros nez épaté de mon Pierrot, je n’ai pas besoin de l’entendre (Pierrot, pas le nez) pour savoir que c’est