Page:Asselin - 1918-11-16 - 06M CLG72B1D26 16-11-1918.djvu/3

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sont, au fond, de bien braves gens ! Ils n’aiment pas autant les Boches qu’on l’eût cru tout d’abord, et même je crois qu’on pourrait dire qu’il ne les aiment pas du tout. La « dame » du chef de comptabilité dit que, le matin que les Canadiens sont entrés dans le village, elle a distribué des baisers pendant trois heures. Elle a, à la place ordinaire, une forte moustache. C’était, paraît-il, du délire, et la raison pour laquelle on s’est refroidi, c’est précisément qu’on a trop jeté de chaleur le premier jour. Je dis qu’on s’est refroidi : cela ne les empêche pas de trouver nos soldats polis, avenants, obligeants, bref, chargés de qualités. J’ai peut-être tort d’attendre xxxxxxx d’eux, à l’endroit des C.-F., les mêmes sentiments que des Français…

Mais je m’arrête. Il est 10h.30 et j’ai encore une heure de travail.

Je t’embrasse.
Ton mari qui t’aime,
Olivar


P.S : Barré, qui te salue, me fait observer que la demoiselle transpire sous les bras.

O. A.