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PRÉFACE
des deux premières éditions de l’Anthologie des poètes canadiens
composée par Jules Fournier



UNE littérature peut être nationale par la nature des sujets, mais à condition d’être d’abord une littérature, c’est-à-dire autre chose qu’un ensemble d’écrits sans valeur littéraire propre. Si l’on admet cette condition, il y a bien un ensemble d’ouvrages serbes qui par son mérite littéraire constitue une littérature serbe, un ensemble d’ouvrages tchèques qui par son mérite littéraire constitue une littérature tchèque, un ensemble d’ouvrages polonais qui par son mérite littéraire constitue une littérature polonaise, mais ce qui s’est publié chez nous d’ouvrages à prétentions littéraires sur des sujets canadiens ne saurait constituer une littérature canadienne.

Une littérature peut encore être nationale par un certain génie propre de ses écrivains et indépendamment de la nature des sujets : tel est, par exemple, le cas de la littérature belge, à laquelle on ne saurait nier l’originalité, même quand Verhaeren et Max Elscamp en poésie, Lemonnier, Rodenbach et Maeterlinck en prose, expriment des