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PENSÉE FRANÇAISE

qu’on a portées contre lui), qu’ils ne l’ont été pour son ami Jules Fournier.

Il est possible, en effet, que ce que les « hommes de lettres » vaniteux que ces deux polémistes ont blessés ne leur pardonnent pas, ce soit moins les coups les plus cruels qu’ils ont portés que la brûlante leçon d’humilité qu’ils ont donnée, eux qui savaient écrire, en ne laissant aucune œuvre purement, littéraire de quelque importance. Fournier et Asselin n’ont jamais refusé d’aider les jeunes talents qu’ils découvraient. Combien de jeunes aspirants-écrivains M. Asselin, jusqu’à la fin de sa vie, n’a-t-il pas encouragés, quelquefois même plus que leurs dons ne le méritaient ? Fournier et Asselin croyaient simplement qu’ils étaient incapables de faire œuvre littéraire qui pût entrer, fût-ce très humblement, dans la littérature française et ils se sont défendus de « jouer ». Son travail de journaliste même, bien qu’il se sût au premier rang de ses confrères canadiens-français, n’a jamais satisfait M. Asselin. On comprend facilement l’exaspération qu’excitait chez lui le plus malfaisant de nos défauts nationaux, la béate satisfaction de soi-même, l’inconscience de sa médiocrité.

Présenté par l’un de ses collaborateurs auxquels il s’attacha le plus, Valdombre, je connus M. Olivar Asselin en août 1933, alors qu’il était rédacteur en chef au Canada. Je venais de terminer mes études classiques. Mme Asselin et Mme Jules Fournier, épouses et veuves admirables de ces deux grands