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PENSÉE FRANÇAISE

Saint-Jean-Baptiste de Québec a jetés dans le ravissement. Inutile de dire qu’à très peu d’exceptions près ils se demandent, eux aussi, où nous mène la Pensée française.


L’allocution de Sa Grandeur Mgr Bruchesi
sur l’agneau


Le second incident fut l’allocution de Monseigneur de Montréal à Saint-Jean-Baptiste, sur l’agneau.

Il y a dans les Écritures et dans la liturgie catholique des passages où le Messie-Rédempteur est comparé à l’agneau sacré des sacrifices ; partir de là pour prétendre que la suppression de l’agneau dans nos processions serait un acte d’anticatholicisme, c’est un peu forcer la note. Les premiers chrétiens se reconnaissaient au signe du poisson : s’en suit-il qu’on ne pourra plus, sans manquer de respect à l’Église, dire du mal du maquereau ? faudra-t-il désormais éviter de qualifier de requin un usurier et de petit poisson un malhonnête homme ? On peut vouloir le maintien de la tradition chrétienne dans nos sociétés nationales et souhaiter que le glorieux labarum de Constantin : In hoc signo vinces, remplace un jour l’agneau devenu chez nous, bien moins qu’un symbole religieux, l’emblème de la soumission passive et stupide à toutes les tyrannies.

Admettons cependant qu’en matière patriotique il faille tenir compte de la signification traditionnelle des symboles ; que saint Jean-Baptiste et son agneau, représentant, semble-t-il, le rôle de précurseur de la foi joué en Amérique par le peuple canadien-français, doive, pour cette raison, continuer de figurer dans les processions du 24 juin : est-ce à dire qu’au moins le mode de figuration du saint ne puisse se discuter ? Nous avons mis jusqu’ici sur nos drapeaux et nos bannières l’emblè-