Page:Astrié - Guide dans les cimetières de Paris.djvu/14

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À droite, les colonnes de l’ancienne barrière du Trône ; à gauche, le donjon de Vincennes ; dans le lointain, les rives de la Marne et les bords de la Seine ; et l’œil, planant sur un vaste horizon, tantôt entrevoit les flèches, les tours et les dômes qui hérissent la cité des vivants, tantôt se perd dans la campagne qui étincelle au soleil ou s’ensevelit dans un brumeux linceul.

De longues et majestueuses allées, des chemins sinueux, des arbres antiques, des bosquets jetés ça et là sur le haut du coteau, des monuments groupés en masse ou symétriquement rangés le long des allées, comme des maisons bordant les rues d’une ville, font oublier la destination du lieu.

Nulle émanation putride ne s’exhale de ce séjour, toujours embaumé, durant l’été, du parfum des plus douces fleurs.

Cet endroit porta d’abord le nom de Champ l’Évêque, parce qu’il appartenait à l’évêque de Paris.

Frappé de la beauté du site, un riche épicier y fit bâtir, en 1347, une maison de plaisance, superbe sans doute ou peut-être disproportionnée à la fortune du possesseur, car le peuple lui donna le nom de Folie Regnaud ou Regnault, Cependant l’enclos ne contenait que six arpents.

Les Jésuites de la maison professe en firent l’acquisition en 1626.

Ce fut, dit-on, de cet endroit que Louis xiv, enfant, vit le combat livré le 2 janvier 1652, dans le