Page:Auclert - Égalité sociale et politique de la femme et de l'homme, 1879.pdf/9

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Ah ! si au point de départ, les femmes pouvaient passer avec les hommes, un contrat qui garantît l’égalité de leurs droits devant les conquêtes faites en commun : Je dirais : Oublions notre sort particulier d’esclave. Confondons nos revendications avec celles des hommes. Hélas ! sans garanties, j’ai bien peur que l’égalité humaine, prêchée par toutes les écoles socialistes, ne soit encore que l’égalité des hommes entre eux, et que les femmes soient dupées par les hommes du prolétariat comme les prolétaires l’ont été par les bourgeois.

Les différents chefs de groupes socialistes sont loin de reconnaître unanimement notre égalité. Nous ne pouvons compter sur les autoritaires, qui, pour nous détourner de ce que nous regardons comme source et principe de tout droit : Le vote, – disent : « À quoi bon nous disputer les droits civiques, il n’y en aura pas besoin, dans la Société future » ; dans Société future plus encore plus que dans celle-ci, il faudra qu’une idée obtienne l’acquiescement de la majorité pour triompher. D’ailleurs, nous n’en sommes pas encore à cette société future, et, pour l’édifier de manière à ce que les femmes n’y soient pas lésées, il leur faut le droit de travailler à l’édifier ; il leur faut l’outil qui se trouve au pouvoir de l’homme : le bulletin de vote.

Je pense que, dans ces grandes assises du travail, personne ne prétend que, par une subtilité magique, un tour de force, le vieux monde disparaisse subitement, et qu’à sa place se montre un paysage nouveau, où tout sera en place où tout sera parfait. La société nouvelle suivant la marche ascensionnelle du progrès s’édifiera lentement, péniblement ; et si les femmes s’abstiennent de prendre part aux nouveaux ar-