Page:Audoux - De la ville au moulin.djvu/117

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VIII


C’est aujourd’hui le dernier jour de septembre. C’est aussi le dernier dimanche qui doit nous réunir tous au moulin. Firmin s’en va faire son temps dans une ville de la Marne, et Valère Chatellier s’est assuré un emploi à Bordeaux où je dois le rejoindre à la fin de la semaine.

Tous trois nous sommes assis dans la maison avec la porte grande ouverte. Il fait beau comme en été. Manine berce et chante sous le gros noyer, et les enfants sont partis à la récolte des premières châtaignes.

Nous nous taisons ; tout a été dit entre nous et le moment d’agir est venu.

À nos pieds un carré de soleil fait luire les dalles fraîchement lavées. Des fourmis s’en approchent et n’y trouvant rien à glaner se hâtent d’aller plus loin. À leur tour, des mouches en quête de chaleur viennent s’y poser confiantes. Elles n’y restent pas longtemps non plus, car une énorme guêpe les pourchasse et les emporte entre ses pattes. Deux déjà ont été saisies, et lorsque la méchante revient pour la troisième fois, j’éloigne les mouches d’un léger coup de baguette. La guêpe irritée les cherche,