Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/108

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Bordognon.

On manque déjà de confiance ? Bah ! je romps la glace tout brutalement. Vous avez à payer ce matin un billet de dix mille francs.


Séraphine.

Moi !… qui vous a dit ?…


Bordognon.

Suffit que je le sache.


Séraphine.

Soyez franc à votre tour. La somme que M. Lecarnier cherchait hier, vous vous êtes imaginé qu’elle était pour moi.


Bordognon.

Franchement, oui !


Séraphine, se levant et traversant majestueusement la scène.

Eh bien, vous vous êtes trompé ; je n’ai pas de dettes, et, si j’en avais, je vous prie de croire que M. Lecarnier n’aurait aucune espèce de titre à les payer !


Bordognon, à part, toujours assis.

Elle tient diablement à mon estime ! Bordognon, mon ami, tu es plus avancé que tu ne le croyais ! (Haut, se levant.) Je suis doublement charmé de m’être trompé, madame… Mais je ne tiens pas mes preuves pour faites et je vous préviens que je guette une occasion de les faire.


Séraphine.

Je vous en dispense.