Page:Augier - Théatre complet, tome 4.djvu/52

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rudoyé des femmes dont les laquais n’auraient pas salué mon père… Du train dont vont celles-là, l’adultère simple et sans tour de bâton deviendra une vertu !… Chez elles, pudeur, désintéressement, amour, autant de préjugés évanouis, neiges fondues sous les piétinements d’un luxe rapace et besoigneux, un dégel dans un égout !


Léon.

Fais-moi grâce de ton scepticisme de pacotille !

Il s’assied.

Bordognon.

De pacotille ! J’ai vu tout ça et j’ai trente-sept ans !


Léon.

Aussi, tu as la patte d’oie !

{{personnageD|Bordognon|c|touchant de sa canne la botte de Léon. Et toi donc ! — Mais ce qui m’étonne et qui m’étonnera toujours, c’est la bêtise de ces pauvres maris qui n’y voient que du feu. Explique-moi ça, toi ?


Léon.

Moi ! Pourquoi veux-tu que je sache mieux que toi ?


Bordognon.

Eh bien, si tu ne le sais pas, c’est moi qui vais te l’expliquer : X, Z et sa femme, fable… tirée de la Gazette des Tribunaux. Si tu la connais, tu m’arrêteras. Madame Z arrache de Z, son époux, à grand renfort de chatteries, une rivière de diamants faux, soit mille francs. Cinq ans plus tard, elle meurt. Z, après les cours instants donnés à cette perte douloureuse, songe à revendre sa rivière ; il court chez son bijoutier ; celui-ci examine et offre d’emblée trente mille francs. Différence vingt-