Page:Augustin Crampon - Les quatre Evangiles, Tolra et Haton, 1864.djvu/56

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gendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus[1], qu’on appelle Christ[2].

17 Donc la somme des générations depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à la transmigration de Babylone, quatorze générations ; et depuis la transmigration de Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations[3].

18 Or, la naissance du Christ arriva ainsi. Marie, sa mère, étant fiancée à Joseph[4], il se trouva, avant

  1. Ici l’Évangéliste n’ajoute plus le mot engendra ; il se contente de nommer « Joseph l’époux de Marie, » dans le chaste sein de laquelle Jésus fut formé par la vertu du Très-Haut (Luc, i, 35). Comme d’ailleurs la sainte Vierge était parente de S. Joseph, la généalogie de l’un s’applique à l’autre, et Jésus est vraiment fils de David selon la chair.
  2. Christ répond au mot hébreu d’où l’on a fait Messie, et signifie oint. On donnait ce nom, chez les Juifs, aux rois, aux prophètes et aux prêtres, qui recevaient une onction solennelle, et quelquefois à Dieu, parce que, dans la théocratie hébraïque, Dieu est considéré comme le roi ou l’oint de la nation. Comme Jésus est à la fois grand-prêtre, prophète et roi, oint, non d’une huile matérielle, mais par l’Esprit-Saint qu’il avait en lui en vertu de sa divinité, le nom de Christ lui est exclusivement attribué dans le Nouv. Testament, et souvent avec l’article comme nom propre.
  3. S. Matthieu a voulu renfermer toute la généalogie de J.-C. dans un cadre symétrique, dont chaque période, composée de quatorze générations, reproduisît deux fois le nombre sept, sacré chez les Juifs ; et, en cela, il n’a fait que suivre la coutume des Orientaux qui partageaient les généalogies en divisions égales pour aider la mémoire. Voilà pourquoi plusieurs anneaux, comme nous l’avons dit, manquent à la chaîne des générations. Mais comment trouver ici les trois séries de quatorze générations ? Plusieurs moyens ont été indiqués ; voici celui qui nous paraît le plus simple : Arrêtez la deuxième période à Josias, qui se place comme au seuil de la captivité, et admettez que l’Évangéliste range ce prince et David dans chacune des deux périodes dont ils marquent soit la fin, soit le commencement, et vous aurez le nombre exact des générations comptées avant J.-C. Wallon. Voy. le mot Généalogie dans le Vocabulaire.
  4. Les fiançailles se célébraient, chez les Juifs, environ un an avant le mariage. Les fiancés n’habitaient point ensemble ; mais déjà on les désignait sous les noms de mari et de femme, et le lien qui les unissait était si étroit, qu’il fallait, pour le rompre, un écrit de répudiation, comme s’il se fût agi d’époux véritables. « Les fiançailles valent autant que le mariage, dit Philon, quand les noms des parties ont été inscrits sur des registres dans une assemblée solennelle d’amis. »