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FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS

du 8 août 1910 [50]




EMMA


Par Jane Austen


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Traduction de M. PIERRE DE PULIGA


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Le repas terminé, on décida de descendre jusqu’aux étangs de l’Abbey ; M. Woodhouse avait déjà fait un tour dans la partie la plus élevée du jardin où l’humidité de la rivière n’arrivait pas ; Emma demeura pour lui tenir compagnie afin de permettre à Mme Weston de prendre un peu d’exercice.

M. Knightley s’était ingénié à amuser M. Woodhouse : livres, gravures, médailles, camées, coraux, coquilles avaient été mis à la disposition de son vieil ami. Avant le déjeuner, Mme Weston lui avait fait les honneurs des diverses collections et il se préparait à se livrer à une seconde inspection. Avant de s’asseoir auprès de son père, Emma avait accompagné les autres jusqu’à la porte où elle s’était attardée quelques moments dans l’antichambre pour examiner un tableau ; elle était là depuis peu quand elle vit arriver Jane Fairfax ; celle-ci marchait vite et paraissait préoccupée ; en apercevant Emma, la jeune fille sursauta :

— Je ne comptais pas, dit-elle, vous rencontrer ici, Mademoiselle Woodhouse, mais c’est vous, précisément, que je cherchais. Je viens vous demander de me rendre un service. Ma tante n’a pas la notion de l’heure et je suis sûre que ma grand’mère sera inquiète. Je vais rentrer de suite. Je n’ai averti personne pour ne pas troubler la promenade. Les uns sont allés


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