Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/135

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jamais rencontré, et nous trouvons, nous, que c’est le plus beau, quoiqu’un peu hâlé comme le sont tous les marins, mais cela lui sied ; il a l’air vif, gai, et une fort belle tenue. Nous avons été charmées quand papa a voulu le retenir, et fâchées quand il a dit qu’il ne pouvait rester. Je suis sûre qu’il aurait été bien fâché de l’accident de Charles, car il a l’air bon et sensible : Il serait venu avec nous ici, dit Louisa, vous l’auriez vu, Alice ; j’en aurais été bien aise ; vous en serez si contente ! mais vous le verrez, car il reviendra souvent ; il a été si poli avec nous ! il a promis à maman de venir dîner demain à la maison, et d’un ton si gracieux ! on aurait dit qu’il se réjouissait aussi de parler du pauvre Richard. Ah ! c’est un aimable homme, je vous assure : il a une telle aisance dans ses actions, dans ses paroles, que nous en avons la tête tournée ; vous l’aimerez aussi, Alice. » Alice sourit sans répondre ; elles partirent, et il était facile de voir que leurs jeunes têtes étaient remplies de la joie d’avoir fait connaissance avec le capitaine Wentworth.

La même histoire, le même ravissement se renouvelèrent dans la soirée, lorsque le grand-père vint avec ses filles savoir des nouvelles de son petit héritier. Alice dut encore ap-