Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/187

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ne pouvaient lui manquer : elle n’avait pas été assez souvent avec ceux qui devaient en être l’objet pour avoir une opinion bien formée, et celle qu’elle avait n’aurait satisfait ni Charles ni Maria ; c’était que le capitaine n’était épris ni d’Henriette ni de sa sœur : Alice se souvenait trop bien encore de l’amour de Frederich, pour croire qu’il en eût pour Henriette ou pour Louisa ; il éprouvait seulement cette petite fièvre d’admiration pour deux très-jolies filles qui lui faisaient mille avances ; mais cependant il était probable qu’il finirait par être amoureux, et elle croyait voir qu’il penchait pour Louisa, qui semblait n’exister que pour lui, tandis qu’Henriette regardait encore quelquefois son cousin, et devenait pensive lorsqu’il n’avait pas l’air de la voir ; alors, dans son dépit ou dans l’espoir de ramener George, elle faisait la coquette avec le capitaine, et George s’éloignait d’elle tous les jours de plus en plus.

Au milieu de son chagrin, Alice eut la satisfaction d’être convaincue que Wentworth n’avait aucun projet de séduction, et pas le moindre soupçon de la peine qu’il occasionait à ce jeune homme, ni des droits qu’il avait eus précédemment sur le cœur d’Henriette ; il n’y